La mise en ligne par le CNC du document intitulé « PERSPECTIVES 2012 DOCUMENT DE PERFORMANCE DU CNC dans le cadre de l’examen du projet de loi de finances pour 2012 » a attiré toute l’attention du SPI.
Ce document affirme que « Le soutien automatique est au cœur du système de soutien aux industries de programmes audiovisuels. Ce dispositif aux effets fortement structurants ne doit pas susciter une trop forte dispersion des aides ni une trop forte atomisation du secteur, alors même que le développement des diffuseurs (chaînes thématiques et locales) modifie en profondeur l’environnement de l’audiovisuel. C’est pourquoi la part des aides attribuées aux dix premières sociétés doit rester significative » Et pour joindre les actes au principe, le document indique que si le pourcentage du soutien automatique audiovisuel notifié aux dix premières sociétés était en 2009 de 16,6%, les prévisions de 2012 serait de 18/20% et l’objectif 2013 serait de 20/22%.
Depuis plusieurs mois le SPI a tenté d’alerter des effets dévastateurs qu’une politique du « tout séries longues » en fiction aurait sur un secteur d’ores et déjà fragilisé par les multiples changements de lignes éditoriales et d’organisation du service public ces dernières années, par la forte baisse des obligations accordée aux chaînes privées en 2009 ainsi que par l’allègement des critères d’indépendance des sociétés de production par rapport aux diffuseurs.
Si le CNC n’est pas le seul acteur participant à la forte concentration de la filière, il y participe. Car il s’agit bien là d’un objectif affiché et non d’une observation des tendances du secteur.
Ainsi, c’est aujourd’hui tout un savoir faire et tout un tissu de PME qui est en passe de disparaître doucement, silencieusement mais sûrement sur l’autel de cette nouvelle politique : l’industrialisation du secteur (et la culture dans tout cela ?) et la constitution de groupes permettant de concurrencer les groupes internationaux.
C’est le sens de l’intervention du CNC qui est aujourd’hui ainsi questionné par ces orientations : Comment souhaite-t-il parvenir à atteindre cet objectif de 22% ? Avec quels outils ? Au détriment de qui ? Comment se répartiront les aides pour les centaines d’autres sociétés ? Qu’est-ce qui justifie ce choix ? Est-ce le rôle de l’argent public d’aider les actionnaires de groupes à faire davantage de profits alors même que le crédit d’impôt, les produits dérivés, le potentiel de recettes d’exploitation supplémentaires de ces formats longs sur le marché international et les marges faites sur les fabrications de séries longues y pourvoient déjà largement ?
N’est-ce pas davantage le rôle du CNC de garantir la diversité de la création, le renouvellement des talents, la production d’œuvres ambitieuses ouvertes au monde ?
Ces questions restent pour le moment sans réponse claire de la part du CNC. Nous lui demandons de préciser rapidement ses objectifs et les moyens pour y parvenir.
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