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Actualités du SPI

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Le SPI regroupe environ 400 producteurs de l’audiovisuel et du cinéma, indépendants de tout opérateur de diffusion et de télécommunication.

La politique du SPI est définie par son Comité Directeur, composé d’une vingtaine de producteurs élus pour deux ans par l’ensemble des adhérents.

Présent dans l’ensemble des organisations, institutions et commissions du secteur, le SPI s’attache à défendre et promouvoir la liberté de création des œuvres audiovisuelles et cinématographiques, la diversité des œuvres produites et l’indépendance des entreprises de production du secteur.

Le SPI - Syndicat des Producteurs Indépendants Syndicat des Producteurs Indépendants
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Du local à l’international quels enjeux pour la création documentaire ? [28-06-2012]

Le 27/06/2012,
Communiqué de Presse

Du local à l’international quels enjeux pour la création documentaire ?


Le marché du documentaire français poursuit sa croissance en 2011 avec 2650 heures produites et aidées par le CNC. Les producteurs indépendants se félicitent de cet appétit pour le documentaire qui depuis de nombreuses années maintenant a su rencontrer tous les publics, y compris en première partie de soirée sur les grandes chaînes de service public.

Pour autant, ce dynamisme du secteur cache des réalités économiques et artistiques bien différentes : des films à caractère sociétal ou historique développés pour les grandes chaînes bien souvent correctement financés, des films à économies dites maîtrisées, développés dans des logiques de commandes et des films d’auteurs fragiles, singuliers, à point de vue d’auteurs qui ne trouvent bien souvent plus de diffuseurs.

L’accroissement du nombre de chaînes s’est traduit jusqu’à maintenant par un phénomène de mimétisme dans les choix opérés tant en terme de genre de documentaires (le genre société représente plus de 51 % de l’offre produite et diffusées) qu’en terme d’écritures (reportage, passeurs).

La concentration de la production de documentaires vers du documentaire de société souvent formaté dans son écriture, représente un risque pour le secteur : perte de savoir-faire en matière de coproduction, baisse des préventes et des ventes à l’international, étiolement de la dynamique d’ouverture et d’universel que représente le genre. Entre 2002 et 2011 en effet, les financements étrangers ont quasiment diminué de moitié passant de 30M€ à 17M€ selon la dernière étude publiée par le CNC.

La qualification de documentaire de création d’un certain nombre de magazines représente également une certaine dérive du secteur sur toutes les chaînes. L’exemple le plus emblématique est la qualification par le CSA de reportages diffusés dans le magazine « TF1 reportages » en documentaires de création.

Faces à ce constat fort bien analysé dans le rapport remis par Catherine Lamour, Serge Gordey, Carlos Pinsky et Jacques Perrin, nous ne pouvons que rappeler les fondamentaux historiques de notre syndicat demeurant toujours d’une évidente actualité : la prise en compte et la reconnaissance de la qualité d’artiste et d’auteur des réalisateurs, la qualité de producteur délégué au centre de la bonne fin artistique et financière vis-à-vis des ayants droits de l’œuvre. Ces principes demeurent essentiels à l’originalité distinctive de notre création capable de porter nos visions du monde.

C’est la vitalité artistique de notre secteur que nous devons soutenir. Ces fondamentaux garantissent le renouvellement et la constitution d’un patrimoine audiovisuel. Ils doivent être solidifiés et encadrés par les pouvoirs publics. Ils permettront d’affronter avec davantage de sérénité l’arrivée de la concurrence de la télévision connectée dans tous les foyers et toutes les applications.


Dans ce contexte, le SPI a notamment engagé des réflexions sur la réforme du soutien au documentaire et a formulé des propositions dès la campagne présidentielle :


Valoriser la diversité des écritures

  • Le SPI a proposé au CNC un système de valorisation des documentaires reflétant une démarche de réalisation et de production plus exigeante et plus ouverte à l’international. Nous avons proposé qu’un système de bonification de 25 % du soutien aux documentaires qui réunirait un certain nombre de critères soit mis en place. Ces critères sont de trois ordres : des critères de conception tenant compte de l’intention de réalisation et d’un dispositif filmique particulier, des critères objectifs de réalisation-production, tenant compte par exemple de montages financiers complexes tels que ceux des coproductions internationales, des critères liés à la politique de développement des sociétés, notamment à l’égard des premiers films et de la promotion des catalogues. Nous poursuivons la réflexion avec le CNC actuellement.
  • Par le biais d’accords, il faut inciter les diffuseurs à se démarquer des logiques d’audience immédiate, pour accompagner des films de signature. Cela passe par un plus grand équilibre entre les genres de documentaires programmés. Cela passe aussi par l’acceptation d’un espace de programmation de films « libres parcours » de documentaires qui serait « hors les cases ». Cela passe enfin par l’incitation des diffuseurs à se ré-impliquer vis-à-vis de la création en programmant des films primés en festivals.


Garantir une relation transparente et de confiance à l’ensemble des ayants droit

Les producteurs doivent pouvoir avoir une relation transparente et de confiance avec les auteurs, les artistes interprètes, les diffuseurs, les maisons d’archives ou tout autres ayants droit d’une œuvre. Cet outil est aussi un moyen de fluidifier les relations commerciales avec les maisons d’archives. Le SPI soutient ainsi le développement en cours de l’outil de reddition de comptes mutualisé ARECOA au bénéfice de tous, et en appelle le CNC à s’emparer de cette initiative afin qu’elle soit adoptée par l’ensemble de la profession.

Nous discutons en outre depuis plusieurs mois avec les auteurs d’une charte des usages que nous nous apprêtons à signer.


Réaffirmer la logique de préfinancement qui est la condition d’existence de la création française et européenne.

Selon le guide des chaînes numériques publié par le CSA, la DGMIC, le CNC et l’ACCeS en 2011 et 2012, l’investissement de l’ensemble des chaînes numériques au cours des deux premières années d’application des nouveaux décrets et accords interprofessionnels relatifs à leurs engagements de production audiovisuelle, accuse une baisse de financement du secteur de la production audiovisuelle de 250M€ sur deux ans.

Nous considérons qu’il est urgent de repenser les engagements à l’égard de la production audiovisuelle.

Concernant l’exploitation délinéarisée des œuvres, le décret Services de Médias Audiovisuel à la Demande paru en 2010 ne propose pas au secteur un financement alternatif ou complémentaire aux chaînes de télévision. Les SMAD représentent pourtant potentiellement l’essentiel de la consommation des œuvres de demain. En outre à la veille de l’arrivée de Netflix, Apple et Google, aucun dispositif réglementaire ne permet de garantir le respect par ces derniers de la réglementation française. Ainsi, les mesures essentielles auxquelles devra réfléchir le gouvernement dans les prochains mois devront être un renforcement de leurs obligations d’investissement dans la production et la diffusion française et européenne accompagné de la mise en place au niveau européen d’un dispositif anti-contournement efficace permettant à la France d’exiger de la part des nouveaux SMAD installés à l’extérieur du territoire, de se conformer à la réglementation française.

Parallèlement à cela, les nouveaux textes relatifs à l’investissement en production audiovisuelle applicables aux services de télévision ont vidé de leur sens les notions d’œuvre inédite et d’indépendance. Il convient de très rapidement :

  • réintroduire une définition plus stricte de la notion d’œuvre inédite et de celle d’indépendance
  • réintroduire des dispositifs d’étendue et de circulation des droits au niveau réglementaire.
  • Revenir sur la mutualisation des droits à l’intérieur des groupes qui conduit à une diminution des financements unitaires des œuvres.

Nous appelons le nouveau gouvernement à se saisir de ces sujets dans le cadre de la grande loi audiovisuelle annoncée pour la rentrée.


Contact :
Juliette Prissard-Eltejaye - 01 44 70 70 44
plecompte@lespi.org


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    • 1-09-2017
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