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Actualités du SPI

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SITE EN RECONTRUCTION

Le SPI regroupe environ 400 producteurs de l’audiovisuel et du cinéma, indépendants de tout opérateur de diffusion et de télécommunication.

La politique du SPI est définie par son Comité Directeur, composé d’une vingtaine de producteurs élus pour deux ans par l’ensemble des adhérents.

Présent dans l’ensemble des organisations, institutions et commissions du secteur, le SPI s’attache à défendre et promouvoir la liberté de création des œuvres audiovisuelles et cinématographiques, la diversité des œuvres produites et l’indépendance des entreprises de production du secteur.

Le SPI - Syndicat des Producteurs Indépendants Syndicat des Producteurs Indépendants
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Production audiovisuelle : le paradoxe autour de l’exception culturelle [7-06-2013]

Alors que les pouvoirs publics et tout le secteur audiovisuel défendent à Bruxelles et à Strasbourg, avec acharnement, le principe de l’exception culturelle dans l’audiovisuel, le même principe est mis à mal à Paris par les rapports Lescure, celui du Sénat et même jusqu’aux Assises de l’audiovisuel organisées par les pouvoirs publics le 5 juin dernier.

On assiste en effet depuis quelques jours, à un déferlement de contre-vérités et d’amalgames sur la production audiovisuelle avec comme « solution miracle » aux maux de notre secteur la dérégulation pour, soit disant, faire émerger une plus forte industrialisation et concentration du secteur alors que l’audiovisuel est d’ores et déjà aux mains des grands groupes média et de production ! Le SPI ne peut accepter que le débat, crucial, qui va avoir lieu dans les mois à venir sur les évolutions nécessaires de la réglementation, se construise sur un tissu de mensonges et de raccourcis inacceptables.

Retour sur quelques vérités et contre-vérités :

- Le tissu de sociétés de production est tant atomisé qu’il compte 2000 sociétés de production audiovisuelle. Faux : environ 500 sociétés bénéficient d’un compte de soutien automatique au CNC et une moyenne annuelle de 200 sociétés déposent des demandes d’aides sélectives.

- Le rapport entre producteurs et diffuseurs est excessivement déséquilibré en faveur des producteurs. Faux : comment le rapport de force peut-il être déséquilibré quand 700 producteurs se partagent une trentaine de clients diffuseurs d’œuvres audiovisuelles principalement répartis entre 5 grands groupes de diffusion commanditaires, soit 700 fournisseurs pour 5 clients principaux ? La loi imposée par les grands diffuseurs est en réalité impitoyable pour la majorité des créateurs.

- Les seules sociétés de productions qui imposent leurs conditions aux diffuseurs sont les grands groupes de production qui fournissent des volumes de programmes considérables à des chaines qui en deviennent en fait totalement dépendantes. Vrai. C’est justement la concentration industrielle au profit de ces groupes de productions qui affaiblit les diffuseurs ! Mais pas la production vraiment indépendante.

- Les œuvres audiovisuelles sont financées à 80 voire 90 % par les chaînes de télévision : Faux. L’animation est financée à 22 % par les diffuseurs, les captations de spectacles vivants à 26 %, les documentaires à 49 %, les fictions à 68,6 %.

- Les TPE et PME indépendantes de la production audiovisuelle, développent plus d’un millier de projets de fictions par an qui ne font l’objet d’aucun financement de diffuseurs. Ils assurent, avec les scénaristes et les réalisateurs, la recherche et développement du secteur audiovisuel. Vrai.

- La filière sur laquelle intervient le CNC crée une valeur ajoutée de 9,3 Md€, soit un secteur équivalent à celui de l’industrie automobile (9,2 Md€) et supérieur à ceux de l’industrie pharmaceutique (7,3 Md€), au transport aérien de passagers (6,1Md€) ou à celui de la fabrication de produits informatiques et optiques (6 Md€). Vrai.

- L’excès de réglementation a pour conséquence de faire chuter les audiences de la fiction française et de faire fuir notamment les jeunes téléspectateurs. Faux ! Jusqu’à preuve du contraire, ce sont les chaines qui sont prescriptrices du choix des fictions et qui imposent aux créateurs leur ligne éditoriale. La réglementation n’a rien à voir là dedans, mais la frilosité et le manque de prise de risque des éditeurs oui !

- Produire plus de séries en langue anglaise permettrait de conquérir plus de parts de marché à l’international. Faux. Les succès récents à l’international des fictions scandinaves, turques ou israéliennes (et certaines françaises !) prouvent bien que c’est d’abord la force d’une histoire ancrée dans sa culture d’origine qui permet de séduire un public mondial et pas nécessairement l’écriture en anglais.

Notre secteur éminemment culturel et majoritairement composé de PME a la particularité de créer une activité à très haute valeur ajoutée depuis des décennies. Devant les bouleversements provoqués par le numérique et la crise économique globale, les pouvoirs publics semblent considérer que la réponse permettant à notre secteur d’aborder ces chocs se trouve dans une nécessaire industrialisation, qui serait rassurante.

Or si la production audiovisuelle est une industrie, elle est aussi et surtout culturelle. C’est d’ailleurs ainsi que nous justifions vis-à-vis de l’Union Européenne cette politique d’intervention française, bénéficiant à l’ensemble des acteurs de l’audiovisuel, de l’auteur au diffuseur, dérogeant ainsi au principe de la concurrence libre et non faussée.

Le SPI sera un partenaire de réflexion et de discussion et formulera naturellement ses propositions aux pouvoirs publics. Nous saluons à cet égard la nomination de Laurent Vallet dont nous savons qu’il aura le talent pour parvenir à proposer des réformes justes pour notre secteur.

Dès aujourd’hui, il nous paraît indispensable de rappeler les caps qu’il convient selon nous de maintenir lors des échéances à venir :

1) Financement du secteur :

- une redevance élargie à tous modes de réception des services de médias audiovisuels permettant aux sociétés de l’audiovisuel public un financement autonome et pérenne.

- une TSTD rénovée et sécurisée et un budget du CNC mutualisé, non plafonné et non ponctionné. Le CNC est la clé de réussite de la dynamique globale du paysage audiovisuel français.

2) Réforme des décrets dits « production » et négociations avec les chaînes :

- Rééquilibrer les relations en accentuant la participation au financement de la création audiovisuelle des nouvelles chaînes de la TNT notamment et des services non linéaires.

- Entamer une discussion autour des nouveaux besoins numériques après qu’un bilan de l’utilisation des droits délinéarisés d’ores et déjà accordés depuis 2008 ait été réalisé.

- En tout état de cause, préserver la logique du préfinancement, qui a fait ses preuves, et de la circulation des droits.

- Redonner du sens à la notion d’œuvre inédite afin d’assurer le renouveau des talents et de la création dans une ambition de contenus culturels.

- Obliger qu’une part de l’engagement des diffuseurs devenus « global médias » soit consacrée aux nouveaux contenus audiovisuels adaptés aux exploitations « global médias ».

- Réétudier la mutualisation des obligations telle que mise en place en 2008 dont les conséquences pour la diversité de la création ont été largement sous-estimées.

- Enfin et surtout, l’indépendance : le Gouvernement vient de proposer en Conseil des ministres une loi renforçant l’indépendance du CSA. Les parlementaires, la Ministre et l’ensemble du secteur militent pour une indépendance du financement des chaînes de service public. Alors pourquoi une telle charge contre l’indépendance des producteurs ? Il faut renouer le dialogue sur cette question, car l’indépendance des producteurs comme celle des auteurs est la garantie de la vitalité du secteur tant au plan artistique qu’économique.

Un grand débat s’ouvre. Les 350 producteurs indépendants du SPI y participeront avec sérénité et conviction.

Le 7 juin 2013

Contact S.P.I. : Juliette Prissard-Eltejaye – Déléguée Générale – 01 44 70 70 44


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